Human Krach / Labyrinthe sans issue

Musée-muséeum départemental

des hautes alpes / gap

Installation Juin 2020 /

inauguration à l'automne.

 

Le NASDAQ (sigle de National Association of Securities Dealers Automated Quotations) est l'une des principale place boursière américaine.

 

Labyrinthe (λαβύρινθος / labúrinthos en grec ancien, labyrinthus en latin) est un tracé sinueux, muni ou non d'embranchements, d'impasses et de fausses pistes, destiné à perdre ou à ralentir celui qui cherche à s'y déplacer.

 

Intimement lié à l'histoire de l'humanité, le labyrinthe et ses mythes n'ont eu de cesse d'interroger les hommes et de revêtir de multiple interprétations. Depuis les premières traces paléolithiques, de l’Égypte ancienne à la Grèce antique, du moyen-age à notre ère contemporaine, le labyrinthe a influencé les religions, inspiré les philosophes, les dramaturges, les peintres, les poètes, les romanciers.....

Certains auteurs, comme Jorge Luis Borges, valorisent le labyrinthe en le peignant comme le symbole de la perplexité des hommes face aux mystères de la vie.il représente l’errance sans but de l’homme en quête d’un centre qui lui échappe sans cesse. Dans une optique chrétienne l’image du labyrinthe représente l’âme qui se perd dans les pièges du péché et demeure emprisonnée en enfer... (bien fait ! :-)

 

De très nombreuses œuvres sont imprégnées du dédale qui peut représenter un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur, de la forme à la contemplation, de l’espace à l’absence d’espace, du temps à l’absence de temps, de la multiplicité à l’unité. Le labyrinthe devient l’image d’un chaos initial ordonné et agencé par l’intelligence humaine.

 

De nos jours, le terme de labyrinthe désigne une organisation complexe, tortueuse, concrète (architecture, urbanisme, paysages…) ou abstraite (structures, façons de penser…), où la personne peut se perdre. Le cheminement du labyrinthe est difficile à suivre et à saisir dans sa globalité.

Le mythe du labyrinthe perd, peu à peu, son aura mythique ou sa connotation métaphysique. Il est de plus en plus évoqué, dans la littérature, dans les arts ou dans le langage courant, comme la métaphore par antonomase de la réalité actuelle, complexe, difficile et trompeuse.

 

La financiarisation du monde, ses places boursières et ses paradis fiscaux, semblent s'imposer, dés lors, comme symbole par excellence du labyrinthique 21éme siècle ! Tous les éléments, d'opacité et de faculté à perdre celui qui s'y aventure, sont réunis. L'Argent apparaît, repart, circule, s'amasse, disparaît, change de main, s'évapore, avec toujours plus de conséquences humaines et environnementales. Selon un rapport de la Carbon Disclosure Project (CDP), les 100 plus importantes sociétés mondiales causeraient à elles seules, depuis 1988, 71% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Lorsque des traders spéculent sur les matières premières à New-York le pain vient à manquer au Liberia ; lorsque la finance se penche sur le monde elle en détruit son  ; Lorsque l'argent est roi, Il n’y a ni justice, ni liberté possibles. (Albert Camus)

 

Et comme dernier croisement, il s'agit de la rencontre de deux mythes. L'imbrication labyrinthique du Minotaure avec celle fictionnel de l'argent.

L'installation Nasdaq crac souhaite mettre en lumière cette parabole au travers un labyrinthe sans issue où les logos de 100 sociétés les plus cotés du Nasdaq seront parsemés. (Notamment, Starbucks, American Airlines, Adobe, Amazon , Apple, eBay, Facebook, Netflix, Microsoft, Mondelēz International, PayPal....) (Mais puisqu'il y a quand même une entrée, la seule issue est d'en sortir... )