Tel un enfant qui fait ses premiers pas dans la vie et découvre au fur et à mesure la magie des mots et des histoires qu'ils révèlent ; telle une graine souterraine qui jaillit à la recherche de ciel et se développe ; telle une forêt installée qui s'étend au delà des lignes de crête ; la lecture est une ramure qui déploie ses branches et abrite la connaissance et les libertés.

 

La lecture est, sans nul doute, l'un des plus sûrs chemins qu’il nous est donné pour découvrir de nouveaux horizons, élargir le champ des possibles et « partir à la rencontre » : Rencontre avec des époques, des lieux, des idées. Rencontre avec la langue. Rencontre avec des histoires qui savent nous parler, nous émouvoir ou nous faire rêver, Rencontre avec les autres pour partager ensemble, découvrir un auteur, s’essayer à l’écriture ou simplement parler des livres. On se nourrit des livres qu’on a lus et des livres que les autres ont lus : c’est toute la force du partage. Être lecteur c’est se tenir à l'écoute afin de devenir acteur, citoyen.

 

Tout comme la lecture, le territoire procède du croisement de représentations individuelles et collectives avec la réalité de l’espace géographique, et matérialise l’existence d’une appartenance commune. Tout comme la lecture, le territoire donne possiblement accès au partage, à la rencontre, au débat de sens commun, au vivre ensemble.

 

Cependant on ne rentre pas dans un théâtre, dans un musée ou dans une médiathèque comme l'on franchit d'autres portes plus communes ou mercantiles. L'entrée dans un bâtiment culturel revêt une importance toute singulière, elle nécessite d'être à la fois bien identifiée dans ses fonctions et elle se doit d'être une invitation à oser « franchir le pas ! », à oser pousser la porte et à entrer !

 

Comme une synthèse l'installation L'ENVANS propose de faire lien ; entre extérieur et intérieur, entre territoire et littérature, entre le lecteur et son feuillage...

 

Tout en déployant une énergie contemporaine l'installation revisite une tradition architecturale du 19e siècle : La Marquise. Traditionnellement les marquises ornaient l'entrée des établissements publics et culturels. L'installation devrait donc tout naturellement trouver sa place sur ce bâtiment de 1850.